PRESENTATION
Gordes et Bories
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Le village des Bories
Où se ressent tout un passé
De vivre éloigné, comme retiré,
Au plus près de la nature
Humblement.
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Les carrières de Junas
Les formes rectilignes
Des émergences lithiques
Au milieu de la nature
Le gris sur le vert
Qui se dresse impérieux
Comme dire face au temps
"Je suis encore là"
Et le coeur devant comme un message
Adoucit le paysage.
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Les effets colorés dans les Salins
Les traces de sel toutes de blancheur
Les zébrures aux nuances improbables
Des jaunes verts, violacés, bleus,
Parfois parsemés d'ocre.
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Les lapins galopent effrayés,
Chevaux et taureaux paisibles
Accompagnés d'aigrettes,
Les figues mûres et éclatées
D'un figuier ployé jusqu'à terre,
Ruisseaux et marais où se nichent les ragondins,
Les libellules écarlates
Et l'étang de Vaccarès
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La poudre d'ocre sur le chemin
La montagne qui semble éventrée
Aux teintes multiples.
Les lasses devenues poussières
La force de leurs éclats
Sur le vert de la nature.
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Le salin rosé-violacé
Une bande éclatante
D'un blanc virginal.
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De la Croix de Provence
La vue au loin
Loin au-delà
Au coeur de la Provence.
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La Vallée des Merveilles
Sur les chemins de rocailles, cailloux, roches, pierres,
Qui roulent sous les pieds,
Lorsque surgit les troupeaux des bergers et bergères,
Des brebis, des chèvres noires,
Et surtout les patous allongés à l’œil torve ou aboyant.
Garder le rythme de ses pas, de son souffle,
Monter, descendre et admirer
Le paysage, les lacs et les réverbérations
Sur les eaux paisibles.
Entendre les marmottes
Et chercher du regard les chamois
Alors qu’un rapace tournoie.
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La cime Gratin
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Le lac des Grenouilles
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Les gravures sur les roches écarlates
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Le lac du refuge des Merveilles
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Les différentes pierres
Madinina
Avant l’envol, il y a une nuit à l’aéroport d’Orly, sous les lumières blafardes, oubliées alors que nous parlions durant toutes ces heures. 4 inconnus qui échangent, simplement, la parole est fluide, il n’y a aucun jugement, juste le partage. Parfois notre surprise à découvrir des êtres, des attitudes d’individus qui en passant mettent nos discussions entre parenthèse.
Puis au matin, chacun part prendre son avion. Quelle nuit !
Une fois à Madinina, la lumière et la chaleur saisissent. J’ai hâte d’appréhender un premier déroulé par les vitres du bus qui ramène sur Fort de France. Et là, la mer, le port. Je reste à humer un moment, à sourire béatement, à l’instant, à boire de tous mes yeux, de tous mes sens !
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C’est parti pour l’immersion. Je prends mon billet pour le bateau, je fais des courses et me dirige vers la casa. Accueil chaleureux ! Il y a du monde. Je prends une douche et me replie pour récupérer de ma nuit blanche. Et surtout, avec carnaval mes journées sont comptées.
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Le matin, il est 4h30, je suis en pleine forme. Petit déj, douche et je prépare mon frichti. A 6h je suis à la gare routière. Le soleil se lève sur la mer. Quelle belle aubade !
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Bus pour St Pierre qui longe la côte ouest et me permet des repères sur les différents villages. A St Pierre, je change de bus, plus petit. En l’attendant je m’approche de la mer, là où se jette un cours d’eau où se promène une aigrette blanche. La Pelée est dressée là, majestueuse dans le ciel bleu.
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Voici le tombeau des Caraïbes. Je reste là un moment.
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Puis, le bus pour le Prêcheur double un camion qui tourne à la carrière et ne me voit pas. Du coup, je me mets en face et retour à St Pierre. Il y a la marché et je déambule, goûtant un Pomme Cannelle. Toujours en petit bus, je traverse le Morne rouge en direction du Lorrain. Les nuées couvrent le soleil et nous passons de nombreux villages isolés. Une fois au Lorrain, je vais à la médiathèque qui, en fait, n’a aucun document sur les Indiens. Je passe à la mairie où le responsable des archives me reçoit et appelle Cap Nord. Il y a Matthieu qui accepte de me recevoir. Je le remercie chaleureusement et reprends le bus pour Marigot. Je rencontre Matthieu et Doreen qui me présentent plein d’éléments et d’infos sur les Indiens. Quelle chance !
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Ensuite, je remonte en direction de Macouba. Changement de bus à Basse Pointe. Il fait chaud, je grignote à l’ombre. Le chauffeur ne sait où sont les roches gravées. J’arrive vers l’église et une belle vue sur la mer. Il y a tout près une grotte. Je redescends et demande aux habitants. Et après maints détours, tout simplement près du pont, voici la grosse roche avec les cupules. Ici, c’est la pierre Bon Dié !
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Avec une habitante, nous faisons du stop pour rejoindre Basse Pointe. Un gars du coin, nous raconte la légende urbaine de cette pierre (plus récente et sans les Indiens).
Le bus longe alors toute la côte est et je repère là aussi les villes et villages. En arrivant à Fort de France je retourne faire quelques courses et surtout savourer une Malta. Douche et je me pose avec les habitants un moment. A 22 h je suis couchée !
Jeudi matin, debout à la même heure, je prends la direction de Ste Luce. Si la veille ce fut aisé avec les bus, là ce n’est pas la même. En arrivant le bus que je devais prendre vient de partir.
Le prochain dans une heure. Ste Luce est une ville toute mignonne, les pieds dans la mer. Je prends un café au bord de l’eau, une pause à savourer le temps.
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Je remonte à la gare routière et direction Anse Figuier.
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D’abord à l’éco musée où je sympathise avec une jeune fille.
Puis plage avec une eau un peu fraîche mais pas trop.
En repartant, je croise un zébu indien. Le bus me passe sous le nez alors que je lui fais signe.
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Je refais du stop et la jeune fille sympathique qui va déjeuner chez elle me dépose à Ste Luce.
Cette fois, le bus ne tarde pas à arriver pour Rivière Pilote ;
Une dame dynamique de 72 ans lance la conversation.
La ville est petite. Je fais un petit tour, et toutes deux nous prenons le bus pour rejoindre la navette vers Fort de France.
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Le chauffeur n’a pas sa pancarte. Il démarre et quand il croise son collègue, il l’interpelle et ce dernier ne comprend rien. On finit la dame, le chauffeur et moi par retourner à Rivière Pilote pour cette fameuse pancarte. Enfin, on peut alors savourer le paysage d’un morne verdoyant qui ensuite s’ouvre sur le paysage de la plaine, magnifique.
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Il n’est pas trop tard, je file visiter le musée de la Préhistoire puis de la bibliothèque Schoelcher. Il pleut dehors. La nuit tombe et je remonte en direction de la maison. Ce soir, dégustation d’un bon couscous de Fatima.
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Vendredi, le ciel est chagrin quand je pars en direction du port. Je fais la traversée avec une jeune fille toute exaltée. Le soleil se lève au milieu des nuages. En arrivant à Trois Ilets, un jeune homme nous montre où sont les arrêts de bus. Je la rassure, et elle finit par faire du stop et arriver à temps à son rendez-vous. Je reviens sur le village pour acheter un pâté goyave. Un peu de force pour la marche.
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Je m’enfile dans la campagne, j’admire les paysages. Maintenant il fait beau et chaud. C’est paisible et tous mes sens sont aguets. Je me dirige vers la Savane des Esclaves. C’est l’ouverture. Je vais directement à la partie Kalinago puis, voici l’heure de la fabrication du beurre de cacao. Quel bon moment à voir les fèves se transformer en pâte dans le mortier sous les coups du pilon par les enfants.
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Plus tard, je reprends ma marche, un vieux monsieur attend le bus en panne et qui ne viendra pas. Je le lui dis et il est bien dépité. Je poursuis mon chemin. Une voiture s’arrête. Une aide à domicile m’a déjà vue ce matin et me dépose à Trois Ilets.
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A l’arrêt, il y a un homme de Lyon qui s’est installé depuis longtemps en Martinique. On papote. Le bus longe toutes la côte, toutes les anses, c’est magique. Un gars s’assoit à côté de moi et m’offre son collier en œil de lynx. Je suis gênée et tiens le collier dans ma main.
Il me dit qu’il est schizophrène ce qui n’est pas rassurant. Je le remercie et m’arrête à Anse Cafard.
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Là, je sympathise avec un autre jeune homme, Dimitri. On marche jusqu’au Diamant, il m’accompagne dans une mission pour une amie puis on finit la route en stop. Nous déambulons au Diamant où il y a plusieurs sculptures en hommage aux Indiens.
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Le bus ne venant pas, un couple nous emmène à Rivière Salée. Lui part de son côté, moi, je récupère le bus pour Trois Ilets. A la marina, les enfants jouent, les gens papotent, tout est paisible. Retour à Fort de France sous une belle lumière. Je m’installe place de la Savane finir mon repas avant de remonter. Je trouve une boulangerie pour déguster un Robinson. Un jus de canne frais m’attend à la maison.
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Samedi, je vais à la gare routière où il y a une grève.
Je pensais faire l’autre partie du morne par St Joseph puis Trinité.
Je tente Trois Ilets pour la Mangrove, mais que Pointe du Bout.
Le bus pour le Lamentin fonctionne. Je pars, direction Trinité. Dimitri m’a conseillé de faire du stop à l’entrée de la presqu’île et de revenir à pied. Donc, je passe l’anse, et à l’entrée de la presqu’île je tends le pouce. Arrive monsieur Ivan, 75 ans, et nous sympathisons très vite.
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Il me propose de voir la vue de sa maison. Une maison dans les hauteurs d’où une partie de la Caravelle s’étend. C’est magique.
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On va chercher des noix de coco et on boit l’eau, grattons la chair blanche, les chats nous accompagnent. Nous parlons et nous redescendons à Tartane. Quelle belle rencontre ! Les pêcheurs sont encore là à réparer les filets. Je me baigne, grignote et pars déambuler dans les sous-bois, à monter et descendre.
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Une voiture me ramène à Trinité. On est nombreux à attendre la bus et désespérons quand enfin le voici.
Au Lamentin, nous attendons encore longtemps le bus.
Je m’arrête à Carrefour pour des courses et arrive tard à la maison. On passe un moment tous ensemble. A 22 h les jeunes partent danser, je pars me coucher.
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Ce dimanche matin, le carnaval réveille la maisonnée.
J’ai déjà pris ma douche et la famille se lève pour Ramadan.
Je pars pour une randonnée à Absalon après Balata.
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C’est magnifique. Heureusement un gars m’a informé de la direction en haut car plus de panneau, en revanche, un grain vient rendre encore plus humide le sol entre les racines et les pierres.
Je fais longtemps la randonnée seule, et les quelques empreintes me rassurent quand enfin je croise des trailers, 5 qui s’entraînent.
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L’immersion dans la nature et le chant des oiseaux font un bien fou.
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Au bout de la randonnée, l’ami Brice me rejoint et nous traversons le morne à Grand Rivière puis nous nous arrêtons au Carbet.
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Là, nous cherchons une roche à cupules. Nous la trouvons surpris de si peu d’indications. Des habitants vivants en face n’en faisaient pas cas. On papote et grâce à Brice, en discutant en créole, ils font le lien avec les origines de leur îles.
Carnaval a commencé et Brice me dépose avant la fermeture de la ville et lui de sa route. Je marche avec les gens costumés puis reste dehors sur la place devant la maison avec Fatima. Une bonne douche, un bon repas car je n’ai pas mangé et je file peindre et écrire.
Lundi, le ciel est tristoune ce matin, je me promène dans Fort de France entre les architectures traditionnelles et les différents peintures de street art que j’ai noté avant de partir.
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Plus tard, direction le port pour aller à la Pointe du Bout et ensuite à plage de l’Anse Mitan. Le soleil est bien là, chaud. C’est ma dernière vraie journée en Martinique. Je savoure la mer, le sable, le soleil, le rythme de la vie au son des vagues. Je nage encore et encore.
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Au retour, les barbecues sont installés, le gens costumés sont nombreux dans les rues. J’en prends quelques-uns en photo. A la maison, beaucoup se sont costumés.
On papote et on se met au point pour le lendemain. Dernière nuit à Madinina.
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Mardi matin, après avoir préparé mes affaires, je pars voir les dernières peintures dans les rues, faire des achats puis monter au calvaire, de redescendre au marché ouvert prendre une papaye.
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Je mange et finis tout ce que j’ai dans le frigidaire. Un dernier moment avec la famille et nous sommes quatre à partir ce jour. Avec Bénédicte, nous avons fait le choix de nous rendre tôt à l’aéroport car le carnaval bat son plein et nous espérons récupérer en dehors du centre le bus. Une fois là-bas, nous papotons, faisons les boutiques. Je passe la première la frontière et je retrouve Dimitri.
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On se débriefe nos visites, nos rencontres. Et lorsqu’il part prendre son avion, Bénédicte arrive. Encore un moment avant de se séparer.
Retour heureusement sous un ciel parisien tout bleu pour se remettre de cette séparation des Antilles.
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Comme une suspension du temps
En une partition muette
Sur l'étang silencieux
Les oiseaux immobiles regardent
Les eaux sans une ride
Il est midi dans le ciel.
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Etre au milieu des flots,
Juste au cœur de l'eau,
Ressentir la fraîcheur de tout son corps.
Etre là, juste dans l'instant,
Fermer les yeux, écouter la mer,
Ressentir le bien-être.
Etre au centre du temps,
Vivre l'instant,
Ressentir la fraîcheur,
La mer entourant son corps.
Etre ici et maintenant!
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Les flamands cancanent Kuk KukKuk!
Dansant de manière saccadée
Tac Tac Tac tout en tournoyant sur eux-mêmes
Brassant la boue
La tête enfouie dans l'eau sombre
Quand, soudain, l'un d'eux s'envole
Et se déploie au-dessus de ma tête
gracieux
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Une étendue aux étranges limites
Qui créent des effets fragmentés
Où les nuances de roses, violets, s'étirent dans leur espace propre
L'impression que selon la lumière
Et d'où l'on regarde,
Les nuances se modifient et se dissolvent.
Une petite enclave rectangulaire détonne
De ses tons bleus dans cet univers de roses et de violets
L'immense flaque autour d'une butte sombre
S'irise de bleus-roses-orangés
Le blanc tranche les limites des teintes,
Segmente, intensifie chaque couleur.
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Les étangs, le ciel, la terre,
Le Rhône qui ondoie verdoyant,
Le ciel bleu intense et de rares échappées blanchâtres
Les roseaux, les roselières, les tamaris doux et légers,
Les lapins qui gambadent,
Les hommes à cheval loin de la manade
Transfèrent les taureaux d'un enclos à l'autre au petit matin,
Taureaux noirs, chevaux blancs.
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Sur le chemin du grand Rhône
Où se dressent les arbres aux torsions compliquées,
dénudés,
Dans cette Camargue aux multiples teintes,
Le violet, rosé et le bleu dominent.
La saladelle symbole de la force,
de la détermination et de la ténacité,
Le violine en légèreté subtile de ses petites fleurs
dansent au vent.
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Ce violet soutenu comme une tâche improbable
Sur la terre grise et craquelée
Aux abords des eaux bleues vertes
Se frange de blanc saupoudré de sel.
Des tâches subtiles entre violet et gris,
l'eau se mousse de blanc,
Puis, plus loin, le ciel d'un bleu émeraude
S'étend et devient d'un bleu intense.
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Une étendue rose orangée
Sertie de blanc, de part en part,
Tire un trait coloré mystérieux,
par-delà les blancheurs du sel.
La nature rase, verdit
Cet étrange écrin de loin en loin.
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Le Mistral ride en dentelles
d'un vert clair et transparent ourlant le seaux
Un vert qui semble créé par une étrange chimie.
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Vert tendre et lumineux des rizières
Un jaune en éclat sur ce vert doux et clair.
Le vent s'apaise et fait frémir les roseaux
Des feuilles craquètent, des bruissements,
Brusquement en éclats sonores résonnent,
Le rapace fond sur les oiseaux
Qui parsèment de blanc les rizières,
Hérons, aigrettes, ... s'envolent!
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Sentir la résine odorante des pins,
Voir le sentier caillouteux filer,
Son corps humide de sueur,
Entendre les cigales en fond sonore,
Goûter l'air qui emplit ses poumons,
Jouir de la pression de ses pas
Sur le sol ocre jaune,
Etre et vivre l'instant,
L'horizon qui appelle au loin
Menorca
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Les sites talaïotiques
Impressionnants blocs de pierres hissés;
des autels, des grottes, des habitations, des rituels, ...
Le ciel, la terre, la pierre unis là.
Ces lieux sont chargés d'histoires de vies,
à observer le ciel et les astres,
Le soleil se levant et éclairant de ses rayons
cet espace, ces pierres, invitant à la spiritualité,
Au respect de ce passé, des êtres qui ont vécu ici.
L'eau, comment l'eau peut humidifier la pierre,
Offir aussi sa libation céleste!
Lundi, sortir après une journée de travail et se retrouver dans un quartier inconnu sur l’une des collines de Tana. Ça grimpe et au fur et à mesure la vue s’étire sur une partie de la ville. Les enfants sortent de l’école, une famille tape le bloc de pierre, le réduit jusqu’à de petites particules qu’une femme tamise. Quel labeur, quel temps qui résonne aux coups frappés sur la pierre, les heures se frappent de tout leur corps.
Plus loin, un mur de pneus épais et sombres, incrusté de formes en reliefs qui donneraient presque un côté artistique à cette retenue sur le flanc de la colline. L’exploitation des pierres, de ses carrières ont-elles fragilisé les lieux ?
Plus loin, une ruelle descend en pente raide et une maison semble essayer de trouver une prise sur l’inclinaison alors qu’une autre surélevée, toute de bois et de tôle paraît fragile. Le linge suspendu en une enfilade joyeuse aux couleurs vives contraste étrangement avec l’humilité de la maison.
De l’autre côté de la rue, vers le haut de la colline, le soleil s’incline, rose encore d’une lumière vive. Il finit de se coucher en enflammant de rouges orangés l’horizon avant de sombrer dans la noire nuit pailletée de vie de la Tana. Ambatomaro.
Mardi, le lever du soleil révèle au fur et à mesure les contours plus de Ambohibe. J’entends et écoute la vie qui s’ébroue, les gens qui passent, les animaux qui chantent, le coq qui de toutes ses cordes vocales s’accorde au soleil.
Puis prendre le bus, ressentir toute la vie citadine en une fourmilière bruyante, de plus en plus bruyante qu’on se rapproche du centre de Tana, la foule, les klaxons. Chacun se glisse dans le bus, essaye de trouver une place puis se relève pour qu’ensuite certains descendent et que d’autres montent et très vite le bus est bondé. Enfin, je m’extraie de son intérieur et amorce la descente dans une partie plus calme de la ville. Le linge sèche étendu sur l’herbe comme au temps des grandes buées. Betongolo.
Mercredi, nous partons vers le nord. Très vite la route devient chaotique, à la frange de la ville et de la campagne. Puis on rejoint la grande route goudronnée, la RN jusqu’à ce que l’on suive des voies de traverses qui pénètrent dans les villages bordés de champs. Des zébus, des petites maisons, la terre sèche. Les cultures ont soif, les zébus tirent les carioles, les poules se promènent. Les enfants jouent avec des pierres. Il y a un temps au rythme plus ralenti, une musicalité dans l’air qui apaise. Ambohita et Ambohimanga.
Plus loin, sur la route du retour, une pause dans un oasis de verdure, juste le bruissement de l’air, un temps hors du temps à l’abri des feuillages.
Ce soir le soleil s’enflamme, rougeoie, se joue des tonalités de feu, en décline les nuances, et inclut même du rosé. Quel spectacle magique et extraordinaire, quelle chance d’être là et d’y plonger de tous ses sens.
Jeudi, regarder Tana le matin de la maison
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Vendredi, En ce matin, je me glisse dans le village. Je redécouvre la carrière, la cité du père Pedro, Tana, et déjà les gens s’activent dans la carrière. Une dame vend des Mofogasy, les enfants se préparent. Je vais jusqu’au bout du chemin qui me permet de voir de l’autre côté de la colline et admirer les valons verdoyants de cette campagne qui s’étend.
Je file ensuite entre les maisons, en direction du puits. La rizière est humide mais le reste de la terre craquèle. Il y a du monde, chacun attend son tour pour remplir les bidons d’eau ou de quoi faire sa lessive. En rentrant, je regarde par-dessus les murets les maisons si humbles, les ouvertures entre les murs où s’amoncellent des détritus, jonchent le sol. Les épines du christ sont en fleur.
Samedi, je pars de bon matin par la colline de l’église d’Ambohibe. Je file sur la droite à retrouver un chemin que j’avais pris avec les collègues en 2023. Je me trompe et du coup découvre un autre puits, plus petit, d’où je croise un homme qui vient faire sa provision d’eau. Plus loin, je m’enfile entre les maisons et suis jusqu’à arriver au grand puits de la veille où il y toujours autant de monde. Je franchis la grille de bois comme un petit pont, la dune de terre en haut de la rizière.
Plus tard, direction le marché de Mahozo où c’est un vrai capharnaüm, d’êtres, d’animaux, de voitures, taxis, bus. Ça grouille de partout. On se faufile dans un passage étroit qui permet de rejoindre un autre marché avec des étals de tissus, de chapeaux, … de chaque côté d’une pente. Avant de revenir vers le marché des fruits, légumes, poules et autres animaux condamnés.
Le son de la flûte de tuyau de la vahila. Le coucher du soleil.
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Dimanche, balade du matin vers ce paysage tout en vallons au loin qui semblait si mystérieux et bien je le foule ce jour. Quelques cultures, mais de la terre aussi qui semble non cultivée, une tour au loin. Des petites maisons, parfois traditionnelles de terre rouge et de chaume, d’autres plus modernes, humbles. Les gens se baladent ou vaquent en direction du marché.
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Plus tard nous prenons plusieurs bus bien moins pleins que la semaine, un premier qui traverse Tana et nous mène sur une colline, puis un second encore plus loin, toujours sur une colline. Nous sommes à Ambohipo. Des ruelles grimpent ou descendent, étroites, parfois en escaliers. Une petite maison avec une courette et des poules. Elle est de bois et de tôle. Une échelle rustique mène à un étage. A l’intérieur une ou deux pièces. Nous sommes venues avec des fruits en guise de fleurs.
De nombreux étals de fruits, légumes, de tout bordent la route. Nous reprenons notre chemin et passons de l’autre côté de la colline. Je découvre des espaces derrière des maisons accessibles par des ruelles étroites, invisibles. Une autre maison de ville où l’on grimpe à un étage constitué de 2 pièces. La famille est rassemblée là, nombreuse dans ce petit espace, pleine de bonne humeur et de convivialité.
Des jeunes garçons jouent avec des voitures tout en récup ! quelle ingéniosité !
Avant que le soir ne tombe, nous poursuivons jusqu’en bas de la colline où s’étendent des rizières. La voie toute neuve de chemin de fer les longe. Le train rouge passe puis disparaît. Des familles avec des enfants et des zébu sont installés près des rizières fraîches.
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Une fois au bout du grand virage, au revoir ce paysage paisible et dominical, la grande voie et son chahut, et surtout le bus du retour.
Lundi, cette fois direction du sud de Tana, et là, plus loin, lorsque l’on s’éloigne, se rencontre de petites villes. La terre devient de plus en plus rouge et poussiéreuse lorsque l’on s’enfonce dans la campagne, sur des routes chaotiques. Un petit pont et une dune paisible, puis un espace désert d’où l’on voit des horizons de terre surgit un grand pont et un village comme abandonné. Ensuite surgit une oasis de verdure dans un village Nous voici au beau éco village Tsaratanana à Ambohidratrino.
Puis, plus trad, nous filons aux bords du lac d’Anosy de Tana. Comme il y a un deuil, nous prenons un linceul et des gerbes. Les bords du lac sont apaisants malgré la circulation.
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De là, nous quittons lentement la ville au milieu des embouteillages, passons un pont. Le soleil décline, se mire dans son couché sur les eaux d’un autre lac. Tout devient ombre chinoise sous cette lumière quand le sombre recouvre le tout.
Dans la nuit nous arrivons dans le village, dans la maison où de nombreuses personnes sont venues se recueillir en cette veillée de deuil. Fenoarivo.
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Mardi, dernier levé
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Ces vallons au loin, mystérieux,
Ces étendues là en ce paysage
Cet horizon où se dresse la tour
Les rizières scintillantes.
Eux qui semblaient inaccessibles
Quelle joie de pénétrer ce mystère
D'entrer à l'intérieur, d'en appartenir!
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Terre et chaume
Rizières en dégradés de verts scintillants
Le bleu du ciel s'étirant au lointain.
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L'allée des baobabs
Quand l'un se reflète dans les eaux!
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Quel spectacle, de là, sur la terrasse
A Admirer le coucher du soleil,
A observer les nuances rougeoyantes,
Les dégradés incarnats, orangés,
Le noir qui s'impose
Sur ce rougeoiement incandescent.
Les lumières de Tana qui crépitent comme des paillettes
Dans le sombre.
Lever moi coucher monde
Et moi simple humaine
Spectatrice enveloppé de ce moment si magnifique.
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Au loin le soleil flamboyant
Les ombres sombres dressées
Les reflets du coucher
Dans le lac paisible
Instant de grâce sereine
Avant le sombre de la nuit.
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Les rizières et la lumière,
Le végétal et l'aquatique,
La matière et le liquide,
Le reflet du ciel sur les eaux,
Les nuances de verts,
La brillance des feuilles de riz
Par les gouttelettes et les réverbérations,
Le ciel se mire sur la surface humide,
Et les feuillages élégants se dressent vers les cieux.
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Envie d'aller s'immerger
De pénétrer doucement les eaux de la rizière
DE se laisser caresser par les herbes tendres.
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La plaine des rizières après Antsirabe
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Dans le coucher brûlant du soir
Le jour s'enflamme avant de s'éteindre
Et d'étendre un ciel noir pailleté des lumières de la ville.
Les zébus qui ont passé la journée dans les rizières
Rentrent en ombres chinoises sur la butée,
Tertre, limite entre la ville et la nature,
Là, au bord des rizières.
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Le paysage au loin,
Multicolore dans le jour naissant
S'étend là, en contrebas
Puis s'étire vers l'horizon.
Rouges et verts en strates colorées et envoûtantes