LES COUCHRS DE SOLEIL

En arrivant à la Havane

Flots, flux des entrées et des sorties dans la lumière vive !

Dehors, l’essaim des taxis jaunes de la Cubatur s’active.

Entre le jeu de l’architecture, les uns et les autres s’attendent; un ballet humain s’organise.

JOSE MARTY EN ARRIVANT

TERMINAL  José Marti 3                                    

Ciel de lavis et le noir du bitume. La végétation est luxuriante, il y a eu un violent orage.

Je tente d’aller au Terminal 1 à pied en tirant la valise pas trop lourde,

mais entre les flaques et pas de trottoir sur le nœud routier, je capitule. Un chaton se ballade là, miaulant, il me suit !

Je reviens au Terminal 3 et regarde comment se met en place le bourdonnement  des taxis jaunes.

La nuit va bientôt tomber.

Je négocie et arrive au Terminal 1 sur un beau coucher de soleil !

JOSE MARTITERMINAL 1

Me voilà enfin sur le Terminal 1                            

Et là, pendant quelques heures à attendre,

je vois mes craintes de me retrouver seule dans l’aéroport balayées rapidement.

Il y a des départs et des arrivées toute la nuit.

Il fait chaud, je contemple le grouillement qui anime les salles et le parvis à l’extérieur. Des gens très âgés, des familles et des bébés, même à une heure avancée de la nuit, ils viennent prendre l’avion. Des départs pour Holguin, Santiago, … !

Sur le parvis, Marcel, prénom en l’honneur de son grand-père,

chanteur de reggaeton, de la Havane, va aussi à Santiago pour le carnaval, il m’accoste !

Mes premiers mots en espagnol à essayer de comprendre le cubain !

On y arrive et je sors le dico ! Il est sous la protection d’Elegua ! On espère pouvoir se retrouver à Santiago !

Il part !

Je m’installe près de la cafétéria où beaucoup dorment allongés ou assis.

Je peins. Je redescends sur le parvis et cette fois c’est Yorman qui vient papoter !

Je le comprends encore moins que Marcel !

Il est là car sa cousine Arianis rejoint leur famille de Santiago par le même avion que moi.

On est plusieurs sur le parvis. On se fait écouter les musiques qu’on aime !

On écrit sur nos portables pour se faire comprendre ! Je corrige ses fautes ce qui l’étonne !

A un moment, il va à la buvette et revient avec une petite brick.

Il me verse le contenu de cette brick dans un gobelet ! C’est du RON ! Le Planchao.

Il est 2 heures du matin, ou pas loin ! Merci Yorman car plus tard ….

Il est passionné de cuisine, travaille dans une école d’art graphique, à 28 ans.

Il est attachant ! Il a un petit garçon de 9 mois, Jeeremy.

On échange mails et nom sur Facebook !

Son téléphone aussi pour l’appeler quand je vais revenir en août à la Havane pour la fin du périple.

EN ARRIVANT 

En attendant, je suis inquiète par mon billet électronique de la Cubana de Aviacion !

Savoir si tout va bien se passer et du coup je m’enregistre très vite, laissant Yorman et Arianis

 Et ouf, pas de souci !

Lever du soleil radieux sur la Havane pour notre départ !

Enfin, retour à Santiago ! Il fait déjà très chaud !

Et en sortant de l’aéroport, Sabine est là, depuis 3 jours !

Elle est accompagnée de Yoelbis avec qui on a échangé, grâce à Lili.

Le petit monde de la salsa et des passionnés de Cuba tissent des liens.

Idalmis qui devait nous louer une chambre nous a plantées. Heureusement,

Yoelbis a trouvé où nous loger, moins cher, toujours dans le centre de Santiago ! Hop c’est parti !

Sabine a repéré une cantine près du musée Carnaval où c’est bon,

plat d’ici et plus qu’abordable et en plus on entend fuser la musique de la Casa Trova !

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A travers les barreaux regarder et écouter les musiciens et la musique.

Etre là, derrière la grille, de la rue, comme la plupart des Cubains,

passer un temps, à l’ombre, à voir au travers et écouter.

Rentrer à la casa, car une voisine Yoelbis vient me tresser les cheveux.

Plus de souci de coiffure et de sensation moite dans le cou. 

SANTIAGO0

J’ai des messages de la part des copains.

J’ai donné un premier à Yoelbis et un autre pour une amie ou sa sœur !

J’en ai pour une certaine Gloria qui tient une casa particular et un autre pour la famille de musicien Miranda !

Un bonheur et beaucoup d’émotions de les revoir.

On y va et passons un moment avec les uns et les autres.

Revoir les rues, les couleurs, l’ambiance de la ville, je savoure !

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« Ferronneries des grilles blanches sur fond des murs crèmes et bleus,

se jouent de la lumière et des formes en perspectives.

Même les croisillons créent des illusions et des reliefs, des effets de matière.

Parfois, les contrastes sont plus nets et donnent un sens plus précis à des choses incongrues

comme cette flèche tendue vers le ciel sur un beau panneau de la ville. »

Il fait 37° ! Une bonne douche et le soir Yoelbis vient avec un copain, ils nous escortent.

On danse. Je sens la fatigue accumulée de ces presque 2 jours sans dormir,

sans avoir mangé depuis 24 heures et pas assez bu.

Enfin, je sens que mon corps ne veut plus !

On rentre et là un autre acolyte du même quartier que Yoelbis et son copain avec qui j’ai dansé, vient aussi !

Je lui raconte un peu le voyage.

Il me comprend et je le comprends ! Ca fait du bien !

Une bonne nuit réparatrice et un succulent et copieux petit déjeuner et c’est reparti !

Déambuler dans Tivoli qu’on n’avait pas visité l’année dernière, du balcon Vélasquez, du port, ….

A écouter un concert sur la place, de voir de loin la bénédiction de l’Evêque de Saint Jacques.

Lorsque l’on arrive tranquilles à la banque? !

Fermée ! On fait un tour toutes les banques sont fermées à 13 h car c’est férié en cette veille de 26 juillet !

On est arrivé à 13h01 !

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Trop tard ! Mais un gars de Santiago qui parle français nous a entendu

et nous indique un hôtel où il est possible de changer de l’argent.

On fait l’aller retour sous la chaleur, sous les morsures du soleil,

dans le quartier où il y a le défilé de carnaval. 

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Nous avons rendez-vous à 16 h avec la famille Miranda

qui me remet la réponse au courrier transmis la veille.

Puis, sous le même rythme effréné, on arrive à 16 h 45 pour se doucher, se reposer un peu !

A 17 h 30 Dayron est là, tout de blanc vêtu, dans son année de préparation à rentrer dans la Santéria.

Embrassades des retrouvailles. Yoelbis est avec lui et nous prenons le taxi pour nous rendre dans leur quartier,

dans la maison d’Adolfo, le garçon de la veille !

Sa maman nous a ouvert et préparé le salon pour un cours de danse !

Le quartier est loin, loin du centre, très populaire.

Retour à la Casa ! Douche, se changer et les garçons viennent nous chercher pour le défilé de Carnaval ! Avec Adolfo nous sommes maintenant main dans la main et papotons ! Il organise pour le lendemain une ballade à la mer ! 

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A 9 heures, Adolfo est là, mais Yoelbis est malade ! On part se baigner !

MeandroriaSANTIAGO PLAGESANTIAGO (38)

La mer 

Avec ses ressacs en vagues qui se fracassent avec violence,

ces vagues qui moussent comme prêtes à attaquer la plage ruisselante de galets.

Un jeu de glissements entre l’ourlet d’écume qui va là, et la force de l’eau.

Un petit meandroria échoué là entre les eaux, les temps lointains, entre les galets de la plage.»

C’est l’anniversaire de Dayron ! L’après-midi, il devait y avoir un autre cours de danse qui est annulé !

Du coup, je pars toute seule jusqu’à la Casa del Caraïbe,

repassant encore par la calle Garcon que la veille on a arpenté par deux fois,

et pour cet hôtel et pour voir les chars de carnaval !

Par contre, un peu plus loin, j’arrive dans quartier résidentiel, beau et paisible !

Ca fait un bien fou après le tohu bohu de la calle Garcon et la polution

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Santiago

« Entre les sinuosités, les arabesques aux façades,

aux ferronneries des grilles, à la mer qui mousse en flots et écumes par vagues irrégulières,

tout est en rondeur et en discontinuité.

Sous la lumière intense du soleil, des réverbérations sur la mer,

des jeux colorés des façades, de carnaval, comme dans le sombre des rues mal éclairées,

tout est en ondes qui flux et reflux de cette vie agitée.

La fumée des pétarades bruyantes le jour, la nuit plus calme, la mer expressive,

Santiago s’exprime et exhorte même sa pulsion d’être. »

La température est toujours aux alentours des 37 ° et pas d’ombre dan la calle Garcon au retour !

Se doucher, se changer et les garçons arrivent tard !

On part pour des concerts et danser !

C’est l’anniversaire de Dayron! Dayron arrive dans la nuit ! On danse sur la Conga !

C’est le dernier soir car demain nous partons pour Trinidad !

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Danse à Santiago

« Soleil chaud, de cette chaleur qui semble donner immobilité à l’air et à l’instant.

Les rues où l’ombre est rare. Cette ville grouillante et polluée,

chaleur et mouvement, chaleur qui donne une autre consistance au temps.

La nuit, elle est encore présente, elle poursuit sa pénétration dans les moindres interstices, espaces.

Dehors comme à l’intérieur de son corps, de tous ses pores elle donne sueur.

Au cœur de la nuit, la musique, la conga, carnaval, la danse, la sueur dans la danse.

On s’éponge, on boit, mais toujours la chaleur s’allie à la sueur.

Toi comme moi, la sueur imprègne la peau, nos corps, nos vêtements,

cette sueur qui sèche et revient aussi vite.

Etre vivant de nos corps dansant, de cette sueur en écho à la ferveur de la danse.

Et ensuite, dans les rues, nocturnes de la ville, être dans la connivence avec toi !

La nuit, les rues, carnaval est là ! »

Le lendemain, nous prenons un café à la Isabelica avant de se promener

une fois encore entre les rues aux abords de la Casa Trova.

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Les garçons viennent nous dire au revoir.

Adolfo a une fleur de tissu rouge et blanche !

Je lui ai fait une aquarelle et préparé des petites choses pour sa maman !

C’est difficile car il y a des rencontres comme celle-ci magique et qu’il faut partir !

Une nuit pour rejoindre Trinidad. Une nuit glaciale, la clim à fond, 30 ° à l’extérieur.

Je regarde le paysage, les villes Holguin, Sancti Spiritus, Ciego de Avila,

j’essaye de reconnaître là où nous avons déjà été, Bayamo, Camarguey.

Et au matin, entre les trottoirs étroits, les pavés de pierre,

nous arrivons devant la casa. La vie s’anime doucement. Il est 6 h 30.

A 8 heures, Lili ouvre ses portes et son accueil fait du bien en ce matin.

Trinidad

Ville de couleurs, ville où le temps se fait langoureux,

sur le mouvement chaotique des pavés de pierre,

en écho aux fers des chevaux tirant les calèches.

La mer aux eaux turquoises, au sable fin, à la douceur des vagues dans la péninsule d’Ancon.

Un lézard aux couleurs improbables.

Et les gousses, ces fameuses gousses qui me fascinent.

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Il y a beaucoup à visiter.

On se ballade dans les rues et s’arrête sous la fraîcheur de l’ombre des flamboyants.

Là sur la petite place les musiciens jouent.

La musique s’étire sous la façade jaune et blanche de la tour du museo de la lucha contra los bandidos,

et finit par prendre tout l’espace.

A un moment, une multitude d’oiseaux envahit le flamboyant et couvre la musique de leurs piaillements.

Ils laissent pleuvoir une pluie de fleurs fanées du flamboyant.

Le ciel est d’un bleu intense, la lumière vive,

le parfum du café s’immisce sur toute la place.

Les gousses pendent toutes jeunes et vertes au milieu des sèches sombres.

Un petit moment tout à côté de cette place à retrouver une famille de Lyon.

Les enfants ont été à l’école où nous travaillons. Etonnant.

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 Prendre le train de 1919 pour la Vallée de los Ingenios, la campagne, l

es villages, les cultures, les chevaux, sortes de zébus, chèvres !

Un moment à vivre la campagne

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LEZARD DE TRINIDADTRINIDAD INGENIOSTRINIDAD

On a vu le spectacle au Palenque de los Congos Reales avec Eleggua comme fil conducteur. 

La Casa de la Musica à danser avec Paolo la salsa, le cha cha cha, le son, le boléro.

Il m’a entraînée à la table centrale avec les autres salseros.

Et ensuite, il y a eu un spectacle autour des danses des Orishas.

Que rêver de mieux ! De nouveau danser.

Ce grand et musclé cavalier et boxeur, un peu brusque,

tout de sombre entre peau et pupilles, peut sourire avec joie dans la danse

et montrer sa sensibilité derrière un côté un peu bourru quant il se laisse porter dans la danse.

Lors de la visite à Los Ingenios, je suis interpellée par des touristes qui m’ont vu danser

avec Paolo la veille et viennent me parler et me féliciter. C’est très déroutant.

CASA MUSICA TRINIDAD2

A Artex prendre un cours tout particulier avec un jeune homme

dont je n’ai absolument pas compris le prénom, mais super attentif,

décomposant et enchaînant un mixte de rumba et de salsa !

Un cours particulier riche.

Le matin

Il n’est pas tout à fait 6 heures.

Je glisse dans le silence me mettre sur les terrasses de la casa de Lili.

Admirer le lever du jour mais aussi de la vie sur Trinidad.

La nuit est encore là, les étoiles aussi.

Les chiens qui attendent dans le chemin Antonio et son chien pour se lever et vaquer.

Dans la casa d’à côté, le papa qui allume le feu, met le bois puis l’eau à chauffer.

Le crieur vendant l’ail, les premiers cavaliers, les habitants partant travailler.

Le chant des insectes, au lever du jour,

des jeux des lumières du soleil, a laissé place à celui des coqs qui se répondent au loin.

De l’autre, la chaîne de l’Escambray d’abord floue,

doucement se dessine les vallées et les formes des montagnes se déploient.

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Le chant des oiseaux remplit le matin.

Une bonne odeur de café et de pain grillé parfume l’air.

Au loin la musique feutrée s’échappe d’une maison.

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Une nouvelle journée à Trinidad dans la belle demeure bleue de Lili.

Il fait chaud. On a grimpé vers le Mirador de la Vigia sous un soleil sans pitié, on a abandonné.

Juste un instant à voir la ville s’étendre là, la veille église de la plaza Santa Ana,

les quartiers populaires, retrouver l’ombre des ruelles.

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Le soir, les éclairs ont illuminé d’un spectacle lointain les alentours de la cité,

mais deux gouttes juste de quoi se dire que c’était déjà fini.

Nous savourons sur la terrasse de la cantine le riz congri

et je partage le chou chinois avec un chat famélique.

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