Sur ce quai, embarcadère, tarmac du voyage, je t’attends.

Dans cette instance du départ ou de l’arrivée. Je t’attends.

Vertige de juste aller de ce point à cet autre

et que cet autre ne soit que le point de transition.

Je t’attends

Pour cette liberté de se sentir en partance ou en transit,

humain en migration, le temps du voyage.

Je t’attends.

 

Et te voilà. Nous pouvons enfin….

Mise en mouvement…..

Troublantes sensations de la vitesse qui est là

dans le reflet de la pupille de ton regard,

de toi en face de moi, de mon regard qui se perd

de l’autre côté de la glace, au-delà du paysage.

De ce paysage qui se fond dans le reflet

et que je vois à la fois par-delà la vitre.

L’extérieur s’anime, déchaîne les images, les paysages.

Succesions des forêts, des vallons, champs, troupeaux, maisons, …

Et le corps enfoncé dans le fauteuil comme si rien ne bougeait,

comme si l’extérieur était un film,

une animation et l’intérieur,

juste au repos, le corps bercé.

arc en ciel

Le temps se ressent à l’extérieur de tout son mouvement

et tout à la fois s’arrête sur toi et moi parlant,

caler, mollement, dans les fauteuils.

Savoir que tout à l’heure nous étions là bas,

et tout à l’heure nous serons là-bas, plus loin, si loin, …

L’espace n’est plus que ce sentiment que l’on lui donne.

Et plus la vitesse m’éloigne par les kilomètres,

plus l’espace et le temps se rejoignent dans un plus loin,

toujours plus loin.

 

arc en ciel

 

 

Jeu de l’homme, la femme, face au temps à l’espace… .

 

Le paysage change, se transforme, un ville, nouvelle… .

La lumière est rasante, le soleil ricoche sur le corps de métal.

Nous sommes arrivés. Nous sommes là, si loin de là-bas.

Il y a si peu de temps que …

Et nous avons quelques heures, là.

Vertige, le temps de réaliser que nous avons franchi les kilomètres

et que le temps s‘ouvre comme une brêche.    

Instinctivement, je renverse la tête en arrière,

je ferme les yeux, j’ hume les odeurs,

 je perçois chaque rayon de soleil de là.

Par-delà les sensations de brisures du temps et de l’espace,

l’humain, l’humaine se réjouie des sensations.

Et c’est parti. A être là, pleinement là.

Avec tout cet espace qui s’ouvre, à ces retrouvailles,

à ces découvertes, à ces rencontres.

 Etre dans l’instant, dans le temps, dans ce lieu.

Etre.

Car tout à l’heure, je te laisserai,

et je partirai à nouveau vers l’embarcadère,

 le tarmac, ce quai du départ.

Je reviendrai pour aller ailleurs, seul.

Je n’attendrai que ce train

qui m’emmène vers cet ailleurs.

 Vers cet ailleurs que je ne connais pas encore. …Vienne